Beaucoup de plasticiens géographes travaillent la carte dans sa bi-dimensionnalité. Sylvie Romieu loin de chercher seulement un espace, une spatialité transformée tente une poétique de la cartographie en trois dimensions.
Internet nous a habitués à passer facilement des 2 dimensions de la map à la google view en 3D, mais cet usage est fait pour nous aider à nous situer, à nous retrouver, du « vous êtes ici » statique à l’itinéraire conseillé, rien que des effets de réel dans des formes de présence simulée.
L’artiste quant à elle cherche bien plus évidemment à nous perdre dans son imaginaire où la carte cherche ses volumes potentiels, du monticule jusqu’à l’abri. Oui c’est bien d’une architecture fantasmatique dont elle se préoccupe dans son atelier.
Pour nous en convaincre elle expose d’autres travaux plastiques d’une plus grande fragilité qui nous apparaissent comme des croquis des installations de cartes, des sortes de maquettes faites d’herbes, de tiges et d’éléments naturels de petite taille.
Ces compositions prêtes à s’envoler au moindre souffle d’air géométrisent leur espace en recherche d’une harmonie supra-naturelle. La photographie vient à point pour en tenir l’équilibre au centre du cadre.
La carte elle aussi fait l’expérience transformatrice de la prise de vue. D’un tirage à l’autre la plasticienne gère ses essors improbables pour simuler un volume sans définition préalable puis se hausse peu à peu à la hauteur d’un bâti à ré-inventer.
Si la possibilité du cheminement se perd ainsi ou s’efface partiellement, notamment au bord du cadre qui devient flou d’autres invitations nous sont faites à investir ces constructions flottantes.





